The documentaire

The télévision

[L'époque de RBO I]

Yves : Qu'est-ce que je me souviens, moi, ce qui nous unissait, c'était peut-être l'espèce de sens de la dérision qu'on avait par rapport à ce qu'on recevait de la télé, à la radio, tout partout. À l'époque, y'avait pas grand monde qui parodiait ce qui venait de là. Pis à un moment donné, sincèrement, y'avait des énormités là, tsé vraiment, où tu dis : "C'est juste le fun qui ait une certaine réaction par rapport à ça.".

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[Yves et André en gogo boys]

André : Tu sais que ça me fait encore rire ça, parce que je trouve que toi pis moi tout nus un à côté de l'autre, là...

Yves : Oui, y'a quelque chose d'irrésistible!

André : T'as beau écrire des textes là, c'est dur à battre, ça...

Guy : Vous vous bonifiez, vous vous bonifiez mutuellement, oui.

André : C'est dur à battre, c'est tentant...

Guy : Oui oui, mais quand Yves pis André étaient de dos, les fesses d'andré y'arrivaient dins genoux [J'ai pas la suite! Grrr...]

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[Les vieilles séries]

André : Mais le principe d'écrire des vieilles séries, je pense, c'était quasiment le réflexe de dire : "Eille, avoir fait de la tv y'a 10 ans, on aurait fait ça. Ben d'la marde, on le fait pareil, c'est tout.".

Guy : Ouin.

André : C'est aussi simple que ça. Pourquoi s'empêcher de le faire? De toute façon, tout le monde connaissait les références pis si t'es connais pas, on essayait toujours de faire en sorte que ça se tenait tout seul de toute façon.

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[Guy A. Lepage dans le rôle de Kowalski]

Bruno : Et y'a le fameux gag, Guy A. Lepage dans le rôle de Kowalski, pis ça, ça revenait souvent Guy, pourquoi?

Guy : Je me rappelle pas pourquoi, mais je pense, bon, je pense qu'y avait une dérision du groupe qui riait de mes talents de comédien, je pense, en tout cas, je pense...

André : Honnêtement, on rit encore de toi!

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[L'époque de RBO II]

Yves : Les gags traditionnels sur la politique ou tout ça, ça nous intéressait pas vraiment de le faire donc on est allé selon nos goûts, pis...

Bruno : Pis chacun est témoin de son époque, mais tu peux pas être précurseur quand y'a eu Yvon Deschamps avant toi, tsé.

Guy : Pis c'est ça, pis qu'avant y'a eu les cyniques. On était pas des précurseurs, on était des humoristes représentatifs de notre époque. Pis comme on était des enfants de la télévision, ben on avait des réflexes de télévision.

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[Les imitations de Natalie Petrowski et de René Homier-Roy]

Chantal : Le matin même du tournage, je me souviens que je l'avais pas encore, j'arrivais pas à la faire. J'avais écouté la cassette, pis d'habitude, bon ben, j'écoutais ma cassette en accéléré, rien que le son, rien que l'image, etc. Pis je l'avais pas. Et pis, le matin même du tournage, j'ai réussi à comprendre ce qui faisait sa spécificité, c'est son débit rapide, elle a une façon d'être très très très très énergique et très énervée... yablabgalyablabgal... comme ça.

[...]

Yves : À partir du moment où j'ai eu le casque sur la tête, le chauve, j'ai tout compris. J'ai tout compris du personnage.

Bruno : T'es devenu frustré tout d'un coup!

Yves : La frustration venue, juste de pas avoir de cheveux. Pis là, je me suis penché, tu comprends!

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[L'émission de Janette Bertrand]

Yves : T'étais le seul à l'écouter, je pense, Guy, cette émission là.

Guy : Ben oui.

Yves : T'étais le seul qui avait une blonde, peut-être, à ce moment là.

Guy : C'est parce que j'essayais de comprendre pourquoi ça peut pas marcher, je sais pas...

Yves : Pis là, à un moment donné, Guy y dit : "Ben r'garde, j'ai essayé un texte. Non, ça marche pas, ça marche pas.". À un moment donné, moi, je me dis : "Ben criss, je vas commencer, je vas faire un premier jet.". Je me force à regarder l'émission.

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[Zizanie]

Guy : On a tout essayé, c'est-à-dire pas juste à la télé, mais même à la radio avant dans l'écriture. Desfois, on écrivait ensemble, c'est-à-dire on était dans l'auto, y'a un qui sortait une idée, on sortait des jokes. D'autres fois, un écrivait un texte, il le passait à l'autre, c'est un troisième qui le jouait, un quatrième qui mettait la touche finale. Et, quand on est arrivés à Zizanie, ça faisait quand même un certain temps qu'on écrivait et là, c'était un exercice de style, le vrai cadavre exquis, là.

André : On essaye tu quelque chose.

Guy : Je fais ce que je veux dans mon épisode là, pis arrange toi...

André : Arrange toi.

Guy : Pis avec un punch à fin.

[...]

André : Pis à un moment donné, on s'est mis à se faire des coups de cochon. C'est que tu finis de façon...

Guy : On se fait mourir!

André : ... tu dis : "Y sera pas capable, tu seras pas capable de repartir de là pouir faire un épisode; quin, arrange toi!".

[...]

André : Effectivement, tu fais mourir un personnage, l'autre y dit : "Ben, je veux pas qu'y meure, lui.". Ben tu le fais ressusciter, c'est tout!

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[Andrée Boucher]

Guy : On avait dit : "On va faire une parodie des dames de coeur.". Et on se disait : "Pis André va faire André Boucher, ça va être écoeurant. Y va tellement y ressembler, y'a la même grandeur, y va boiter pis tout ça.". Pis on écrivait des jokes pis moi, dans ma tête, c'était ben ben clair que c'était André qui faisait Andrée Boucher. Pis là, on arrive à la lecture, pis on lit, pis desfois on lisait, ceux qui avaient écrit les textes desfois, quand y'avais des personnages, on lisait tous pour montrer comment on les faisait. Pis là, Yves, lui, à la fin, y dit : "Je m'excuse," y dit "c'est toi qui va le faire Andrée Boucher.".

[Présentation d'un sketche où Andrée Boucher, incarnée par Guy, répète sa fameuse phrase : "Prendriez-vous un café?"]

André : "Prendreriezriez-vous un p'tit café!?!". Je l'avais super bien...

Guy : Non non, mais tsé, on se disait : "André, y'imite super bien, y va le pogner pis tout ça. Pis Yves, y disait : "Non. Ça va être toi, c'est drôle quand tu fais le "ah... ah...".

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[Quand Bruno imite une fille...]

Bruno : C'est en réunion de production qu'on faisait le casting final. Quand on choisissait, on me choisissait pour interpréter une fille, c'était comme une mise à mort, un peu là, c'est comme...

Richard : C'était pour l'achever, là!

Bruno : C'est comme : "Pauvre elle!" tsé, : "Pauvre elle! Ah non, ça c'est chien, ça, c'est...". Les gens disaient : "Ah, ça c'est chien!".

Richard : Jusque Bruno le fasse.

Bruno : "Ah, ça c'est chien! A va prendre ça dur."

Guy : Mais y'a une exception...

Bruno : Écoute, j'ai fait Francine Ruel, tsé...

Guy : Oui.

Bruno : ... qui danse du tango, qui se lève. Y dit : "Y me semble que t'as maigri?

Bruno [en Francine Ruel, dans le sketche] : "Ah oui, tu trouves?"

Bruno : Pis là, je me lève, je veux dire, chus gros de même.

[...]

Bruno : Moi, je me plaisais à être chien avec tout le monde...

Chantal : Ben oui.

Richard : Égal.

Bruno : ... pas juste avec les filles, là, quand même là, pas du tout, y'a aucune...

Guy : Pas juste avec les grosses poilues, là, je veux dire...!

Richard : T'étais juste dans tes...

[...]

Guy : Mais Marina Orsini, ça, elle l'a pas compris.

André : Ben oui.

Chantal : Oui... Ah non!

André : Ça, là... Je pense que la raison laquelle c'est Bruno qui l'a fait, c'est juste qu'en réunion de lectures...

Chantal : Y'avait pus personne, on jouait tous quelque chose...

André : ... il l'avait lu, pis... Non, mais je pense que c'était drôle quand il lisait...

Guy : Il lisait.

Bruno : "Ah lui là, bon..."

Guy : "Eille, chus rendue mannequin à Paris."

Chantal : "Man-ne-quin, man-ne-quin..."

Guy : "Man-ne-quin à Paris."

André : Pis c'est comme : "Ben ok, fais le, c'est drôle quand tu le dis.".

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["Lance et compte" et "Les filles de Caleb"]

André : Quand on avait fait "Snappe pis bourdonne" à la première année de "Lance et compte", on regardait la série à la télé comme tout le monde, pis on réagissait, on écrivait, pis... finalement, plusieurs semaines après, on avait la parodie. Ché pas trop comment ça se fait, ché pas trop qui, mais à la deuxième année de "Lance et compte", on a reçu une boîte.

Bruno : C'était un fan de l'émission.

André : Un fan de Rock et Belles Oreilles...

Bruno : Oui.

André : ... mais probablement quelqu'un qui travaillait pour "Lance et compte"

Bruno : Monteur, oui.

André : Et on a reçu "Lance et compte - deuxième année" avant même que ça passe à la tv, de sorte que... [Yves a un regard pensif] Tu savais pas ça?

Yves : Ben, c'est-à-dire que là, je m'en souviens là, mais...

André : Ben, c'est ça!

Yves : ... je l'avais pas mis dans mon p'tit sac de souvenirs!

André : Ben eille! Moi, c'était dans mes souvenirs parce que j'avais passé une nuit au complet à tous les regarder.

Bruno : Parce que ça t'aurais fait un trop gros sac.

André : Mais ça fait en sorte que quand la deuxième année de "Lance et compte" est passée, on était sur la parodie directe, directe dessus. À chaque semaine, on était en même temps que le vrai épisode; les gens comprenaient pas comment ce qu'on avait fait.

Yves : Pis on a déjà visionné des épisodes aussi des "Filles de Caleb", hen, aussi...

Guy : "Les filles de Caleb", y nous avaient permis de, donc on avait eu les "off-line" des "Filles de Caleb".

André : Avant que ça passe à tv.

Guy : Oui, pour qu'on soit "timés".

Yves : Faqu'on avait su d'avance que Roy Dupuis avait une p'tite graine, nous autre...

Guy : Oui, nous autre, on le savait.

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[Chantal dans la parodie de "Génies en herbe"]

Bruno : Chantal avait vraiment étudié à l'école classique privée.

Chantal : Ben oui.

Bruno : Pis ton personnage, c'était vraiment un personnage que t'avais vécu ou vu.

Chantal : Ah, tout à fait. Moi, j'avais adoré ça faire ça, parce que, écoute, c'était carrément ce que j'avais vécu, en fait, c'était moi. C'était pas compliqué, c'était pas difficile à faire, j'avais trippé totalement à faire la p'tite cucue, hein.

Bruno : Pis t'étais chiante.

Chantal : C'était le fun... Oui, j'étais chiante.

Richard : Tu l'avais ben!

Chantal : Mais je suis chiante!

Richard : Tu l'avais ben!

Bruno : Ah!

André : "Je suis chiante."

Chantal : Tu viens de t'en rendre compte?

Bruno : Oui.

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["Le hockey des aveugles"]

Bruno : [Je n'ai pas le début] ... aveugle.

[?] : Oui.

Bruno : Pis, euh, c'est un sketche qui a eu des conséquences auxquelles on s'attendait pas parce que y'a des gens qui disaient qu'on riait des aveugles...

André : Ce que l'on faisait.

Guy : Oui.

André : On riait des aveugles.

Bruno : En quelque sorte, oui.

André : Absolument.

Bruno : Mais on disait : "Y peuvent pas voir, tsé, faque...

André : ... faque c'est pas grave.".

Bruno : ... pas grave.".

[...]

Guy : C'était, disons...

André : Du bon enfant d'humour.

Guy : Une bonne farce.

André : Une bonne franquette.

Guy : Une bonne farce.

André : À la bonne franquette.

Guy : Et là, pour une raison obscure, au lieu d'envoyer des lettres dans les journaux pour dire : "Ça pas d'allure ce que RBO ont fait.", mais c'est un... l'organisme s'appellait? "L'association des...?

Les 6 membres : ... des aveugles et myopes de Québec.".

Guy : ... a décidé de nous remettre un prix. Parce...

Yves : Le prix Denis Lazur.

Guy : Le prix Denis Lazur.

André : Pour l'avancement, pour l'avancement...

Bruno : Oui oui oui oui oui

Guy : Pour l'avancement...

André : Exactement.

Guy : ... de la cause des aveugles.

[...]

Yves : Quand y nous ont remis la fameuse plaque, le fameux prix, y'avait comme un genre de réception.

Chantal : Oui.

Bruno : Ben oui.

Yves : Pis, Guy, t'avais écrit un texte d'acceptation du prix et c'était très drôle. Et on se disait : "Mon dieu, y vont tu, y vont tu trouver ça drôle?". Y se roulaient par terre...

André : C'est juste qu'y regardaient pas dans la bonne direction.

Yves : Le gag dont je me souviens dans l'acceptation du prix, hen, c'était : "Nous sommes contents de recevoir le prix Denis Lazur et la bourse de 50 000$ qui s'y rattache.". Là, t'entends... parce que c'est une association qui a pas beaucoup d'argent, y'ont fait : "Aaah...!"... 50 000$ qui seraient financés par la vente des crayons qu'on va vous remettre à la sortie!

Guy : C'est super chien!

[...]

Bruno : Pis là, on a rit d'eux comme de tout le monde, finalement.

André : Exactement.

Chantal : Et c'est pour ça qu'y nous remettent un prix.

André : C'est la grande leçon à tirer de ça.

Bruno : Tout le monde égal.

Guy : On fesse égal, tsé. C'est comme le charpentier : "Si tu veux que ton clou rentre bien, y faut que tu fesses égal.".

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[Les échanges de baisers]

Bruno : La seule chose que je veux dire sur le sketche de James Bond, c'est que...

André : On t'écoute, Bruno.

[?] : Oui.

Bruno : Non, j'ai une confession à faire à Chantal parce que j'embrassais Chantal dans ce sketche là.

Chantal : Ah oui...

Bruno : Et, euh, la veille...

André : Euh, visiblement.

Guy : Ça t'a marqué!

Chantal : J'en ai pas gardé... souvenirs...

Bruno : A s'en calisse... Ok, next!

Guy : Moi, dans l'ordre, la personne que j'ai le plus embrassé, c'est Bruno après c'est Chantal. Et les deux embrassent aussi bien sauf que Bruno pique un peu plus.

Bruno : Le problème avec Guy, c'est qu'y sortait la langue aussi. Y'étais tellement dans son personnage...

Guy : Ben oui, mais c'est pas de même qu'on embrasse...?

André : Je regrette, Bruno...

Guy : Mais moi, dans mon palmarès...

André : ... tu m'as déjà fait le coup, tu m'as déjà fait le coup dans "Snappe pis bourdonne", la finale de "Snappe pis bourdonne" où Pierre Lambert et le Russe, et là, mon gars, là, tu m'as récuré les amygdales... je te jure.

Richard : Ben moi, je me rappelle pas si j'ai vraiment embrassé Yves. Non? Dans la douche, le début, non?

Yves : Non...

Guy : Non, non, je pense que votre virilité mal avouée vous a empêché...

Bruno : L'autre fois, j'en ai parlé à Richard et y pensait l'avoir embrassé.

Yves : Non, je pense pas.

Richard : Parce que j'en avais tellement un bon souvenir!


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